l’identité numérique et la e-réputation

Avec l’arrivée du Web 2.0, un Internet se voulant plus interactif, n’importe qui peut mettre ce qu’il veut en ligne. Avec cette nouvelle manière d’aborder Internet, plus besoin d’être programmeur pour pouvoir placer des photos ou des informations sur le Web. La génération C connait bien cette version bidirectionnelle d’Internet. Pour eux, partager leurs sentiments en temps réel est populaire et facile à faire à l’aide des réseaux sociaux. Avec le contenu publié par les utilisateurs, tous leurs amis peuvent être à l’affut de leur état d’âme. Mais est ce que cela a des répercussions?

Plusieurs jeunes possèdent un ou plusieurs profils sur des réseaux sociaux comme Facebook, Myspace, Tagz, ont placés des photos sur Flikcr, possèdent un blogue à eux, ont mis des vidéos sur YouTube , se représentent par un avatar… Étant donné qu’on peut trouver une panoplie d’informations par le biais de ces sites, ne serait-il pas dangereux que ces informations tombent dans les mains de n’importe qui?

Ces jeunes se forment peu à peu une identité numérique, ou encore, une cyber identité. Selon Wikipédia,

« chaque utilisateur dispose et doit gérer une véritable « identité numérique » constituée des informations qu’il a rentré dans ses profils, de ses contributions (par exemple dans les blogs) et des traces qu’il ou elle laisse sur les sites web visités… »

Selon Fred Cavazaa,

 » Gérer son identité numérique veut dire surveiller l’utilisation de chacune de ces bribes d’information, cette tâche est complexe surtout pour un individu qui souhaite exploiter l’Internet comme une vitrine. Nous allons donc progressivement devoir acquérir une vision à 360° de toutes les traces que nous laissons au quotidien de manière à maîtriser l’image que l’on donne de nous même. »

Cette vidéo démontre bien qu’il est facile de suivre les grandes étapes de la vie d’une personne tout simplement en regardant son profil sur un site de réseau social.

Nous comprenons donc que peu importe ce que nous marquons, n’importe qui peut savoir les grandes lignes de notre vie si nous ne portons pas attention à la confidentialité de nos publications.

Une autre histoire touchant les données disponibles sur Internet serait celle de Michael Calce, alias Mafiaboy. Ce jeune résidant de l’Île-Bizard possédait Internet et y avait accès sans supervision. À l’âge de 15 ans, il a fait 1,7 milliard de dommage aux entreprises touchées par ses attaques. Lors de son passage à « Tout le monde en parle » le 26 octobre 2008, Michael Calce a affirmé

« Tout le monde mettent leur vie sur Internet maintenant, c’est un risque pour tout le monde »

Face à ce genre de hacker, on prend conscience de l’importance de masquer certaines informations personnelles.

Du côté de l’école, avec l’abolition des compétences transversales, les enseignants n’ont plus à évaluer, entre autre, celle qui traitre de l’exploitation des technologies de l’information et de la communication. Je me questionne alors, si celle-ci n’est pas évaluée, est ce que les pédagogues mettront des efforts pour tout de même l’enseigner?

Je crois qu’il est primordial de se pencher sur cette question avec le sujet de l’identité numérique. En effet, les jeunes doivent comprendre les effets de leurs actions sur Internet. Ceux-ci croient qu’en étant derrière un écran, ils ne vivent pas la réalité. Ils croient qu’il s’agit en fait d’un autre monde, ne se reliant pas à la vraie vie. Nous devrions donc, en tant qu’enseignant, consacrer des heures de cours pour sensibiliser les élèves sur la question de l’identité numérique.

N’ayant pas beaucoup d’heures de cours à consacrer aux technologies, les enseignants doivent trouver un moyen pour y faire une place dans leur horaire chargée. Les périodes prévues pour aller au laboratoire d’informatique sont très restreintes et, à l’intérieur des classes, il n’y a généralement pas beaucoup d’ordinateurs à la disposition des écoliers. Il est donc difficile de trouver un temps pour faire de la sensibilisation sur l’identité numérique. L’enseignant doit donc avoir une volonté de le faire.

Il est aussi possible de faire d’attirer l’attention des parents sur le sujet en organisant des rencontres en dehors des heures de cours. Afin d’y parvenir, il serait bien d’exposer l’histoire de Mafiaboy et de présenter des histoires et des vidéos qui démontrent l’importance de porter attention aux traces laissées sur le Web. Nous pourrons ainsi luter contre la méconnaissance des parents sur ce sujet en leur expliquant les risques liés à Internet. Aussi, l’enseignant peut montrer aux parents comment exploiter les réseaux sociaux utilisés par leurs enfants. Ils pourront ainsi faire de la supervision supplémentaire et savoir comment parler concrètement de la sécurité sur ces sites avec leur jeune. Ainsi, si les parents font une surveillance constante des informations laissées en ligne, les enfants seront limités, ils ne pourront pas déposer n’importe quelle photo sur les sites, ou marquer n’importe quoi, par exemple.

Pour la sensibilisation faite en classe, Une bonne façon de présenter l’identité numérique et ses risques serait à l’aide d’une vidéo comme celle-ci. À la suite du visionnement en grand-groupe, une discussion serait engendrée par les élèves, et qui pourrait devenir un débat. Les écoliers pourraient ainsi réagir et faire une réflexion métacognitive sur leurs habitudes. Ils pourraient ainsi prendre conscience de ce qu’ils font et des conséquences qui s’en suivent. L’enseignant devrait ensuite expliquer comment adopter un comportement éthique et responsable face aux informations que l’on peut mettre sur le Web. Il pourrait montrer aux enfants comment protéger leurs données, par exemple en gérant les paramètres de confidentialité de leurs comptes.

De plus, il est important de faire savoir aux élèves que lorsqu’on met des informations sur nous à la portée de tous, nous divulguons qui nous sommes, comment on se comporte et ce que nous pensons à monsieur-tout-le-monde. Il serait donc bien de toujours se poser la question : Est-ce qu’il m’est indifférent de placer cette phrase sur mon profil ou encore de mettre cette photo? Est-ce qu’il me serait banal de montrer cette photo devant toute mon école, ma famille et des inconnus dans la vie réelle? Est-ce que c’est la manière dont je désire que les gens me perçoivent?

En ce sens, il est bien de préciser que ce que nous écrivons sur les réseaux sociaux, ou les blogues sont le reflet de ce que nous sommes. Il faut donc faire attention à la qualité du français et partager des éléments positifs qui peuvent être publiques. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit de notre « e-réputation » qui est directement liée à la réputation que nous avons dans la vie réelle.

Une autre activité qui serait pertinente afin de comprendre les répercussions de notre identité numérique serait d’expliquer les risques en faisant part aux élèves de l’évènementqui s’est produit en France. Bref, une Lycéenne de 16 ans avait l’autorisation de son père d’inviter cinq amis à manger pour fêter son anniversaire. Un invité a eu l’idée de créer un « évènement » sur le site Facebook. Le résultat ne fut que des problèmes. En effet, 200 inconnus se sont présentés au domicile ne voulant pas quitter les lieux. Il a fallu faire appel à la police qui a travaillé toute la nuit afin de rétablir l’ordre.

Cette situation ne se serait pas produite si l’information n’avait pas été divulguée à la vue de tous sur le réseau social.

L’enseignant doit expliquer que l’identité numérique se forme grâce aux traces conscientes et inconscientes sur Internet. Par exemple, les identifiants sur les sites sont eux aussi des traces laissées par les individus. Il faudrait aussi leur montrer comment effacer les historiques de navigation.

Aussi, les jeunes doivent saisir le sens de bien gérer leur identité en ligne. Ils doivent surtout prendre conscience qu’Internet est directement relié à la vie réelle. Ils doivent se demander si dans la « vraie vie » ils accepteraient d’être amis avec de purs inconnus et de leur montrer un nombre illimité de photos d’eux-mêmes. Les clichés exposés sur Internet et les commentaires que nous faisons sur notre profil ou dans un blogue ou encore en parlant des photos des autres sont des comportements qui sont un miroir de ce que nous sommes. Il est primordial que les enfants comprennent aussi que nous ne devrions jamais divulguer notre adresse sur des sites ou encore notre numéro de téléphone. Dans le même ordre d’idées, je suis toujours abasourdie de voir que des gens indiquent sur MSN ou sur Facebook qu’ils sont seuls à la maison ou qu’ils seront partis visiter de la famille pour une semaine par exemple. Cela devient dangereux pour les cambriolages, par exemple. On ne sait jamais ce qui peut arriver, alors aussi bien être très prudent.

De plus, nous n’avons pas besoin de nous afficher pour exister. Si je ne publie pas de commentaire dans une journée, cela ne signifie pas que je n’ai rien réalisé de la journée. En ce sens, le pédagogue pourrait dire aux jeunes qu’il en est tout le contraire. Si tu n’as pas le temps de marquer des statuts dans ta journée, c’est que tu avais probablement autre chose à faire. Tu sembleras un jeune occupé et mystérieux! Et si nous voulons penser dans le futur, ultérieurement, notre « e-réputation » pourra avoir des répercussions sur notre vie professionnelle.

Finalement, l’identité numérique nous concerne tous. Du moment où l’on écrit quelque chose sur Internet, notre identité numérique se forme.

Comme le disait un philosophe grec avant Socrate :

« Mieux vaut réfléchir avant d’agir que de regretter après avoir agi »

Alors dans le même ordre d’idées, réfléchissons avant de cliquer! Et comme le dit si bien le proverbe : « Les paroles s’envolent, les écrits restent », faisons donc un petit effort et portons attention à nos écrits. En ce sens, la citation « demain est un autre jour » ne s’applique pas, car ce que nous avons écrit nous suivra demain et les jours suivants.

Je vous invite à aller visionner cette vidéo qui démontre les répercussions de publier n’importe quoi sur le Web.

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A propos madamemarieeve

J'ai toujours voulu être enseignante. Du plus loin que je puisse me souvenir, je jouais à l'école avec ma famille. J'adore l'école! Je compte bien y passer ma vie à tenter d'aider les élèves moins doués, à faire accepter ceux qui présentent une différence ou encore pousser la réflexion des élèves plus doués. Je suis maintenant en enseignement préscolaire et enseignement primaire. Je pourrai donc enfin partager ma passion avec vous. Je suis à l'affût de tout ce qui se passe dans le domaine, et j'adore lire. J'ai l'ambition d'ultérieurement me perfectionner en français. J'ai longtemps hésité entre l'enseignement au primaire et au secondaire, dans le but de devenir professeure en français. Plus tard, je désire faire le cours de gestion, j'ai l'objectif de devenir directrice. Alors, voilà! vous êtes prêts à me lire et à commenter mes écrits?
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3 commentaires pour l’identité numérique et la e-réputation

  1. Edith Angers dit :

    C’est très bien fait, c’est vrai et ça fait réfléchir.

  2. Daniel dit :

    Comment on fait pour rejoindre Mafiaboy.
    Je veux l’interviewer pour un webinaire que j’organise.

    Daniel Gauthier.

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